l’habit le plus choquant du monde

Ce titre là, celui d’un vêtement si choquant qu’il en aplatirait la terre et retournerait les mers, Carine Roitfled aurait sûrement payé cher pour l’obtenir. Mais le porn chic n’a pas suffi à outrer les consciences, et Tom Ford et son pubis épilé en « G » pour la campagne Gucci de 2003 n’ont qu’à aller se [...]

badineries et ablutions, les bagatelles essentielles

C'est là l'oeuvre parfaite de la mode, qui joue à ses contrepèteries habituelles, à mélanger les mots et les formes, pour faire de ses ritournelles la gageure de notre civilité. Ne sommes-nous jamais plus Homme que lorsque l'on se parfume ? Les ablutions et les dégorgements de coquetteries saisissent cette tentative inespérée, si vaine mais si belle, à contrer notre mode d'être.

Le mauvais genre, l’amant de la mode

Démêler le bon du mauvais goût ne relève pas seulement de l'arbitraire et du jugement personnel : c'est une construction sociétale et culturelle entière. Le mauvais genre est une vraie révolte de la mode contre elle-même : c'est l'annihilation de ses valeurs fondamentales, c'est le retour au grossier, à l'ordinaire, à l'obscène et au populacier. Bref,  la mode cherche à sortir de son cadre étriqué en faisant fi de la noblesse à laquelle elle est vouée, pour épouser les formes viles de la vraie vie.

Faut-il cesser de porter des talons ?

Le talon a pris depuis le XIXème siècle l'habitude d'habiller le pied des femmes. Il termine la silhouette comme le tracé du crayon sur l'esquisse du styliste : pointu, élancé, précis. D'abord véritable objet d'art, il s'est peu à peu transformé en objet de fantasme où la cambrure d'un pied étroit rappelle à sa position lors de la jouissance. Il devient alors obligatoire pour les femmes, officieusement ou officiellement, pour paraître au monde et pour, peut-être, espérer faire porter sa voix à l'oreille d'un homme. Mais le talon n'est-il qu'affaire du désir porté par le regard viril hétéronormé ?

départ vers nulle part

laisse, laisse, se dit-elle, pousser tes ailes et goûte à ce jus mirobolant, potion empoisonnée qu'une femme a un jour engendré. rêve solitaire et endurci, rêve d'un amour insulaire sous le soleil tapant, d'une vie libre hors des fonctions. laisse, tourner les verres, tourner la vie à la mort car on ne compte nos jours que pour leurs regrets. trop tard.