ÉTÉ INDIEN #4

une série de quatre vidéos, entre mots et images, qui conte une idylle adolescente à l’heure où le soleil décline et les journées se raccourcissent

« voilà, tu vois, c’était tout. Pas grand chose, une pulsation qui déconne, un truc à rien à foutre qui te fous ailleurs  et en l’air et je ne sais quoi de toi qui sur moi m’a fait autre. 

Un regard trop pesant tes yeux contre les miens ou ta main au creux de ma main, rien de fou, on n’y connaissait rien et puis ? Un tout petit rien comme quand le soleil arrive avant l’heure de se coucher et rase les murs et la lumière se fait maîtresse de la ville; tout devient jaune feu, l’ombre disparait et les coeurs immolés peuvent renaitre. cet instant particulier où l’on est plus rien que la rature de ce qu’on a pas pu être, une silhouette cachée parmi les autres, inconnue de moi à moi étrangère et oubliée dans la masse difforme de ceux qui vont et viennent sans aller vraiment. 

tu vois, c’était rien : un rire sur une oreille, un drôle de sourire,  et partir loin alors qu’on était là. côte à côte immobiles les corps tout droits à pas oser se frôler. 

tout tremblants et exaspérés de notre finitude, de notre pudeur écrasante qui nous a fait passer à côté. c’était la plus belle chose au monde et on l’a même pas remarqué. trop idiots à chevaucher nos vies qu’on fuyait alors qu’elles étaient là, les mains tendues vers un avenir incertain on a pas su saisir la forme de ce qu’on avait alors, pour la pétrir et en faire une sculpture impérissable. on ne s’est pas dit les mots quand il n’y avaient qu’eux pour nous sauver. c’est l’histoire d’un rendez-vous manqué, trop tôt peut-être pour nous deux, trop imbéciles pour comprendre, pour s’y rendre. c’est une histoire sans début ni fin et il ne nous reste plus qu’à en faire le simulacre de toutes celles qui suivront. comment s’y pointer, quand on flotte dans l’interstice de nos temps qui finalement, n’ont fait que se croiser ? 

idylle adolescente d’un été tendre, son souvenir tendre restera triste et beau, inévitable retour au début de ce qui nous a fait, DEVENIR, être.  cruelle tendresse de ce premier émoi, grand frisson de notre première heure à laquelle désormais j’aurai toujours rendez-vous. » 

Amélie Zimmermann

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